L’écart de revenus se réduit à pas de fourmi

Le progrès, en vingt ans, est de quatre points seulement. Et encore, avec le calcul biaisé de l’équivalent temps complet. Les progrès sont très très lents, bien loin d’un pas de géant.

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Des porte-paroles d’employeurs, comptant davantage de femmes que d’hommes dans leurs effectifs, pensent leur entreprise égalitaire. J’ai assisté à une table ronde sur l’égalité des sexes, dans laquelle des dirigeants d’une entreprise de services d’aide à domicile se félicitaient de la prépondérance numérique de femmes dans leur organisation, y voyant d’évidence la place privilégiée qui leur était réservée…  Une de mes amies m’a fait part de la même situation advenue lors d’un séminaire de direction dans un groupe français de cosmétiques : femmes minoritaires dans cette instance-là, mais certains hommes satisfaits de la part belle faite aux femmes dans les magasins, et l’invoquant comme preuve de l’atteinte de l’égalité dans le groupe, voire plus. Confusion entre égalité et mixité ? Cette entreprise n’est pourtant pas mixte, puisque l’un des sexes est largement majoritaire en nombre. Ni égalitaire, puisqu’elles sont davantage à coller au plancher tandis qu’ils sont plus nombreux vers le plafond. D’autres s’illusionnent d’égalité, en omettant de comparer la somme moyenne versée à une femme à celle versée à un homme dans leur société bien intentionnée. Trop simplificateur ? Résultat trop problématique pour en parler ? Ou sentiment d’impuissance trop grand, depuis si longtemps ?

L’écart moyen en France se réduit-il ? J’ai trouvé des données sur son évolution dans le temps, qui ne font malheureusement pas état de l’écart total de revenus, puisqu’elles sont exprimées en équivalent temps plein. Même si ce calcul peut corriger des données de façon très utile, par exemple pour obtenir différentes appréciations concernant les accidents du travail, cette correction peut biaiser nos représentations. L’écart de revenus entre les femmes et les hommes, ainsi corrigé (donc sous-estimé, nous y reviendrons), est passé selon l’INSEE de – 22% en 1995 à – 18% en 2014. Assez parcimonieux progrès… en près de 20 ans. Pas de quoi se réjouir de notre vivant, mais c’est toujours ça.

Ces données ne reflètent pas l’écart de revenus tous temps de travail confondus, plus important puisque le temps partiel explique environ un tiers de l’écart total de revenus entre les femmes et les hommes, qui, lui, semble bien stagner entre – 24 et – 27% depuis des années.


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