Objections votre honneur ! (2ème partie)

La possible instauration d’un congé paternité digne de nom heurte certains esprits. Après un premier partage d’objections déjà entendues, en voici une suite logique. Authentique.


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MAMAN, A l’AIDE !

« Mais ils appelleront leur maman, tous ces hommes fort impotents quand il s’agit de leurs enfants ! Elles viendront toujours secourir leurs fils, leurs enfants, leurs trésors, estimant hors de leur ressort toutes ces tâches à accomplir. »

Entraide bienvenue

Nombre de femmes appellent leur mère, personne ne leur en tient rigueur. Parfois pour les soulager elles, nouvelles assignées maternelles, espérant se faire guider… Tout a changé : ces mères travaillent. Logeant loin de leur ex-marmaille, elles ont une vie indépendante. Leurs fils s’essaient, dans la tourmente des naissances venues à distance. Nouveaux rôles d’hommes dans les familles, qui s’affairent auprès de leur fille, ou de leur compagne accouchée, voire en grand-père soignant bébé. Les nouveaux pères de famille, progressivement se sentent fiers, d’avoir assumé sans leur mère.


ECHAPPATOIRE

« Une aubaine ! 
Sûr que certains s’en iraient passer des vacances au bout de la terre, si on leur donnait un congé dès la naissance en tant que père ! »

Implication

Pour quelques uns qui s’échapperaient, combien seraient plus confortés, dans cette place légitimés, si heureux de participer ?


ASSISTES

« Ou bien ils prendraient du bon temps, au café ou devant l’écran, entraînant l’enfant si besoin. Car madame aura préparé tous les repas, tous les pré-soins, fait les courses, bien tout nettoyé. Pour qu’ils s’en sortent, ces pauvres pères, qui ne sauraient pas comment faire ! »

Responsables

Puissent les parents avoir conscience, bien avant chacune des naissances, qu’est venu le temps du partage. De se défaire des héritages. Que l’heure est d’inventer, à deux, la relation, les places, les vœux. Que quiconque peut exprimer d’étonnantes capacités. La clé ? Accepter que tout soit fait différemment que par soi.


SAUF LE CHANGE

« Pour nous, j’aurais bien de la peine à dire ce que nous aurions fait, avec une telle mesure en place… Il m’avait dit « tout sauf le change ». On a bien dû tomber d’accord. Le soin du siège du petit ange, ce fut mon sort, ce fut mon sport. »

Dignes tâches

Qui dit vivant dit des déchets, des excréments… et du vomi ! Et un bébé ça régurgite ! Peu de gens goûtent ou plébiscitent les rejets du corps répétés… Qui dit soigner dit nettoyer. Donnons à ces tâches tout leur prix : le respect de la dignité. Elles forgent une conscience pleine de la fragilité humaine. Exercice d’humilité. Ressource en cas d’adversité.


POSITIONS PLURIELLES

« Privilégiée de position, tu t’imagines que toutes les femmes ont une folle envie de travail !? 
Alors qu’elles ont des conditions pourries, précaires - c’est un scandale - qui leur font perdre aussi leur âme ! Y retourner est un calvaire. Beaucoup vivent mieux à la maison. Elles trouvent du sens, elles se préservent. 
Après une naissance, elles prolongent, plus dignes que dans un sale boulot à considération zéro ! C’est un compromis qui les ronge, quand d’indépendance elles rêvent. Mais il leur permet, dans leurs songes, de faire face, le temps d’une trêve. »

Contrat social

Fuir le travail pour le foyer n’est pas toujours la panacée. L’option s’avère souvent impasse, un renoncement fait de guerre lasse. Créant dépendance financière et érigeant des barrières. S’il était prometteur en soi, autant d’hommes feraient ce pas !

Si tout jeune père sa part prenait, je parie fort que le travail s’en trouverait fort modifié. Notre énergie serait doublée dans de pertinentes batailles. Vers un idéal cheminant, pères et mères se comprendraient mieux, dans leur quête pour être heureux.

On utiliserait ce temps, accordé pour chaque naissance, afin de mieux penser à deux le contrat social de l’enfance. Surgiraient des pères ralentis, des mères tellement plus sereines, et des employeurs convertis à une parentalité pleine.


AFFAIRE PRIVEE

« Nulle nécessité de changer le congé de paternité, puisque le congé parental autorise un partage égal. Tout père peut prendre un tel congé ; ce doit être une affaire privée. »

Affaire publique

Un appel à la mixité, je l’admets, peut fort étonner. Mais je ne trouverais pas drôle que ce dossier soit méprisé. Pères et mères n’accèdent pas, quand l’enfant naît, aux mêmes droits. Ceux-ci répartissant leurs rôles, l’affaire n’est plus seulement privée.


USURPATION

« Bénéficier d’autant de temps qu’une mère avec son bébé, n’est-ce pas lui voler ce moment, voire même lui usurper son dû ? Le corps d’une jeune accouchée mérite une véritable pause, tandis que l’homme n'a qu’assisté, impuissant et l’âme confondue, à la mise au monde grandiose de laquelle il se sent exclu. »

Distinctions nécessaires

Sans doute nous faut-il distinguer, dans le vocable à employer, ce qui relève de la grossesse, les suites de couches et la prouesse de l’allaitement ou des nuits courtes… et puis ce qui tient de l’accueil du bébé et du nouveau couple, comme du soin de l’accouchée. Eloignons l’ancien modèle de notre œil. Fabriquons une maisonnée harmonieuse, juste et partagée, parce qu’on a pu se l’inventer.

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